La croissance des céréales
Une à deux semaines après le semis, une petite tige incolore sort de terre, l'axe de la plantule, le cotylédon. Bientôt la première feuille apparaît. Les racines plongent dans le sol. Environ un centimètre au-dessous de la surface du sol se forme le premier nœud (nodum), duquel vont surgir les pousses latérales. Ensuite le chaume (ou tuyau) s'élance, les épis se développent et fleurissent. Après la pollinisation, l'ovaire s'enfle rapidement en se remplissant d'amidon, de protéines, de vitamines et de sels minéraux.
Enfin la plante jaunit et se dessèche: elle est alors prête pour la moisson. Les conditions climatiques exercent une influence décisive sur la qualité et le rendement des céréales.
La fertilité du sol
Pour obtenir une céréale saine, le cultivateur doit s'assurer que le sol contient un grand nombre de microorganismes, c'est à dire qu'il reste actif sur le plan biologique. Les différentes activités doivent être très exactement accordées les unes aux autres: l'assolement, le choix des espèces, le fumage, la culture du sol et les traitements phytosanitaires. Les méthodes sont différentes selon le mode de culture: culture traditionnelle, prescriptions écologiques requises, production intégrée (IP Suisse) ou culture biologique. L'assolement, c'est à dire l'alternance de diverses cultures sur une parcelle, est particulièrement important, dans la mesure où il permet au sol de se régénérer et de s’approvisionner en matières organiques. La culture prolongée du froment sur une même parcelle pourrait provoquer des maladies cryptogamiques.
Types de culture
Culture traditionnelle
Par culture traditionnelle et intensive, on entend le mode de culture qui a été transmis de génération en génération et qui s'est caractérisé, dans la seconde moitié du vingtième siècle, par une augmentation significative des rendements. L'exploitation agricole des sols s'est intensifiée du fait de l'utilisation d'espèces améliorées, de l'intensification de l'engraissement des sols, de la mise en œuvre de produits phytosanitaires, ainsi que de l'amélioration générale des techniques agraires. En Suisse, cette forme de culture ne bénéficie plus de paiements directs et a donc presque complètement disparu.
Prestations écologiques requises (PER)
Les prestations écologiques requises correspondent à la norme actuelle de production agricole en Suisse et sont nécessaires à l'obtention des paiements directs. Les PER sont conformes aux directives de la Confédération, contrôlées par des services indépendants. Il s'agit d'une forme d'exploitation visant le respect de la nature et de l'environnement. Les principaux vecteurs de ce type de culture sont la préservation de la diversité des espèces et de la fertilité des sols, un assolement adéquat, une utilisation réduite d'engrais et des produits phytosanitaires, ainsi qu'un élevage conforme aux besoins des différentes espèces animales.
IP Suisse / production céréalière extensive («Extenso»)
La production céréalière extensive associe les prestations écologiques requises à un renoncement total à l'utilisation de régulateurs de croissance, de fongicides et d’insecticides. Toutefois, les herbicides sont autorisés. Les pains vendus sous le label IP Suisse correspondent à cette norme de production.
Culture biologique
La culture biologique (BIO) est le type de production le plus conséquent en matière de respect de l'environnement. Contrairement à la production PER, elle interdit la mise en œuvre d'engrais synthétiques, chimiques et de produits phytosanitaires. Les mauvaises herbes sont par exemple éliminées à la main avec un sarcloir, tout comme par le passé. La culture biologique des céréales accepte donc le principe de l'obtention de rendements plus faibles avec davantage de travail et évite toute intervention du génie génétique. Le Bourgeon Bio Suisse est le label bio le plus célèbre.
Les techniques de culture écologiques sont «récompensées»
La Confédération ne désire pas seulement encourager la culture céréalière, mais aussi la restreindre là où cela s’avère nécessaire en encourageant les techniques de culture écologique. Depuis 1991, des champs sont retirés de la production et sont laissés au repos sous forme de surfaces de compensation écologiques et de jachères. Par des subventions directes, la Confédération dédommage les agriculteurs de la baisse de revenus ainsi générée.
Labourage – hersage – fertilisation
Les plantes ne germent que dans un sol meuble. C’est pourquoi le sol doit être ameubli, c’est-à-dire labouré. Les grosses mottes de terre doivent être broyées. Le sol est émietté pour le rendre propre à l’ensemencement en le retournant avec les toupies de la charrue centrifuge et les dents de la herse. L’engrais permet de fournir au sol les substances nutritives nécessaires.
Les semailles
Presque dix mois s’écoulent entre les semailles et la récolte. Le blé d’hiver doit être semé en automne car il a besoin d’un choc thermique pour les pousses et la formation des épis. Les variétés de blé d’été sont normalement semées au printemps. Aujourd’hui, les semailles sont également effectuées à la machine. Les grains sont introduits dans la semeuse, on détermine la densité et la profondeur de semence souhaitées et on parcourt ensuite les raies les unes après les autres.
Traitement des plantes
Lors du recours aux produits phytosanitaires pour combattre les mauvaises herbes ou les parasites, l’agriculteur doit respecter des prescriptions précises. Il est tenu de respecter l’environnement.

